pub flash
banniere Flash

Dans’chieuse ou la tragédie liftée

0
Du au La Grainerie

Le Festival de La Place de la Danse – CDCN Toulouse / Occitanie fait le focus du 23 janvier au 10 février sur la vivacité de la création en danse contemporaine. Marlène Rostaing fait partie de cette génération aux signatures chorégraphiques composites. Entretien avec cette assoiffée de liberté autour de son 2e spectacle TRAGÔDIA ou Thésée moi ! dont elle signe l’interprétation, l’écriture et la mise en scène

Tu te désignes comme une « dans’chieuse »…

Marlène Rostaing : Je me suis qualifiée comme ça par rapport à TRAGÔDIA ou Thésée moi ! qui porte sur les mythes d’Ariane et de Bérénice. Ariane rejoue, et ressasse en permanence son abandon par Thésée afin de trouver sa voie et sa liberté. L’idée de « chieuse » rejoint celle d’aller au bout de sa réflexion. C’est aussi une étiquette que nous colle le patriarcat depuis la nuit des temps sur le comportement émotionnel de la femme dite fragile, perdue et hystérique. Ce terme est donc très ironique, avec l’idée derrière d’affirmer la vraie nature de notre personnalité et de nos désirs profonds.

Malheureusement certaines femmes ont été « enfermées » pour s’en être emparé. Ce sont également ces voix là que porte le spectacle.

Quelle est l’origine de TRAGÔDIA ou Thésée moi ?

M. R. : Elle vient d’un duo d’improvisation autour de textes parmi lesquels figuraient ceux d’Hippolyte. Lorsque je suis retournée travailler seule, je me suis rendue compte qu’il me manquait les voix tragiques. J’avais aussi envie de transposer mon autobiographie avec une histoire qui me paraissait proche de ce que j’aurais pu vivre.

J’ai beaucoup lu sur la tragédie grecque et racinienne et ce fil d’Ariane a été une évidence. C’est à ce moment-là, que j’ai décidé de remanier les codes de la tragédie et de transformer les monologues en improvisations vocales. Cette création est le deuxième volet d’une trilogie sur L’héritage de féminité. La première création, Le Bal, portait sur ma grand-mère maternelle.

Tu parles d’incantation…

M. R. : Les trois disciplines de la tragédie que sont la voix, la danse et le chant, sont vraiment une incantation. C’est une pièce chorégraphique comprenant une théâtralité globale du mouvement et de la danse, comme un théâtre de l’absurde. Je crois que j’ai eu envie de pousser la danse dans un langage qui m’était le plus proche avec une dimension vivante et organique. Beaucoup de place est laissée à l’improvisation et à l’écriture afin qu’elles fassent corps.

Teaser Tragôdia from Marlène Rostaing on Vimeo.

 

La scénographie est épurée et l’univers sonore important…

M. R. : Ce qui m’intéresse c’est d’avoir plusieurs degrés de lecture sur les objets et de casser la perception visuelle. Sur le plateau il y a des confettis dorés, ce qui donne l’impression d’un plateau d’or. Il y a un cheval à bascule qui évoque celui de Troie, le Minotaure, la construction du passage de l’enfance vers celui adulte… Le drap blanc quant à lui invoque la couche, le mariage, la virginité, le vêtement porté pendant l’Antiquité.

Nous souhaitions (avec Lucie Laricq et Didier Préaudat) que l’univers sonore soit une sorte de paysage dans lequel le spectateur pourrait plonger et ouvrir son imaginaire. De ce fait, il y a toujours des entrechocs entre la danseuse, ce qui se passe au plateau et la bande sonore avec laquelle nous avons essayé de créer une atmosphère plus légère afin de rendre certaines scènes tragiques, drôles et ambiguës.

EN SAVOIR + sur la programmation du Festival de La Place de la danse

Share.

Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.