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Attention ! Homme dansant

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Du au CIAM, La Fabrique - UT2J

Pascal Delhay est l’un des pionniers de la danse contemporaine à Toulouse. À l’occasion des 40 ans du CIAM, Michel Chandelier, directeur, lui a donné carte blanche à travers une « rétro-prospective » : 9 mois de résidence, pour explorer son art foisonnant à travers des projections, un atelier, des impromptus et la création de plusieurs spectacles. Rencontre croisée entre Michel Chandelier et cet artiste indépendant et franc-tireur.

Pourquoi avoir choisi de faire un parallèle entre la carrière de Pascal Delhay et les 40 ans du CIAM ?

Michel Chandelier : Lorsque j’ai rencontré Pascal, je me suis rendu compte de la spécificité de son parcours. L’idée de l’accueillir en résidence s’est construite, avec la volonté d’observer ce qui s’était passé durant ces 40 années et de revenir sur ce parcours en fonction des mutations de notre société et de cette université.

Pascal Delhay : La proposition d’une résidence longue est rare. J’ai découvert la danse par le classique en 1977 et je suis devenu danseur à partir de 1979. Avant cela j’ai été champion de Normandie en cross country. L’opportunité que le CIAM m’offre m’a ouvert à un travail de mémoire, ce qui me permet à rebours de rendre hommage à toutes ces personnes qui ont fait la danse à Toulouse, et qui par leur présence ont créé les conditions pour que je devienne le chorégraphe et le danseur que je portais en moi.

M. C. : Ce qui me semble important, c’est l’intelligence de cet itinéraire. L’émergence de la danse contemporaine à Toulouse et l’arrivée du Centre de Développement Chorégraphique ont été possibles grâce à des pionniers comme Pascal.

Il est difficile de qualifier votre danse, tant elle est diversifiée.

P. D. : J’ai commencé par le music-hall puis le modern jazz pour me tourner très rapidement vers le contemporain et la danse théâtre. J’ai en moi plusieurs personnages qui ont besoin de s’exprimer (ndlr : Balthazar Rouscaillou, Hanuman, Golem, etc.). Dans ces conditions il est difficile de se faire une idée figée et arrêtée de ma personnalité. Je suis multiple tout en étant singulier, le paradoxe est la forme que prend la vie pour se révéler dans son mystère.

Dans le cadre de votre résidence, vous présentez Je suis un autre, Les Miroirs de Bacon.

P. D. : Le titre fait référence au « Je est un autre » de Rimbaud. Ce travail s’est fait devant une vitre qui me permettait de me dé-couvrir en mouvement comme je ne m’étais jamais vu auparavant. à partir de cette révélation j’ai enregistré un nombre important d’heures de captation vidéo qui m’ont permis de développer ce concept que j’utilise pour ces pièces. L’idée m’est venue de proposer à d’autres créateurs de se confronter à leur image, d’où l’évolution de ce projet vers ces autres soi-même. à cet effet, j’ai invité plusieurs danseuses et danseurs, avec qui j’ai déjà travaillé ou avec qui je désirais travailler (ndlr : Sarah Nassar, Muriel Barra, Michel Raji, Anastasia Khvan…), à participer à 8 opus. Ce projet fait référence dans son titre au peintre Francis Bacon et à son travail sur la transfiguration qui me fascine.

D’autres rendez-vous sont prévus, dont des impromptus sur le campus de l’UT2J.

P. D. : J’appelle ça des Moments Volés à la Réalité. Rien n’est écrit. Ces impromptus vont s’intensifier à partir de janvier. J’interviendrai en fonction de mon ressenti.

M. C. : Ce qui est intéressant, c’est d’aller à la rencontre des étudiants dans des lieux qui ne sont pas dédiés à l’art et à la culture. Il y a une nécessité à ce que l’art ne soit pas enfermé dans des espaces, et qu’il puisse exister ailleurs.

 

EN SAVOIR + sur Pascal Delhay à La Fabrique

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