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Théâtre colombien et questionnement sur le genre

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Gabriella Serban est doctorante à l’UT2J et metteuse en scène de théâtre. Elle travaille sur la représentation du masculin dans le théâtre colombien contemporain. Un sujet qui ouvre notre regard sur des créateurs peu connus en France et qui questionne notre façon de concevoir la masculinité.

Comment est né votre sujet de thèse ?

Gabriella Serban : J’ai toujours voulu travailler sur le théâtre latino-américain et j’ai eu assez vite une curiosité pour la Colombie. En arrivant en master, j’avais un tas de préjugés sur ce pays, je pensais que c’était excessivement dangereux.

Et j’ai été surprise d’être détrompée. Ça a créé une curiosité chez moi et j’ai alors lu l’unique anthologie de théâtre colombien que j’ai pu trouver à la BU de Lyon où j’habitais à l’époque. J’ai découvert des oeuvres qui me plaisaient beaucoup.

Vous vous intéressez aussi à la question du genre…

G. S. : C’est vrai qu’en parallèle, je m’intéresse depuis quelques années aux études de genres. Tout ce qui est représentation dans l’Art, je pense que c’est fondamental pour nos constructions. Je me suis donc attaquée à cette question sur mon corpus.

Quels sont les auteurs de votre corpus ?

G. S. : Ils sont tous assez jeunes. Parmi eux il y a un autrice qui s’appelle Anna Maria Vallejo. Elle va venir en mars à l’UTJ2. Il y a aussi Fabio Rubiano, Pedro Miguel Rozo, Enrique Lozano, etc. Des noms qui ne disent rien en France…

Quelles sont leurs spécificités ?

G. S. : Les auteurs de théâtre colombien actuels ont une esthétique particulière. Ils font partie d’une génération qui a connu la violence de son pays de manière intime, mais en même temps ils ont vu aussi l’avancée vers la résolution du conflit. (ndlr : Après quatre années de négociations, les FARC et le gouvernement colombien ont signé un accord de paix en septembre 2016).

Ils ont donc un rapport à cette histoire un peu distancié. Par rapport à un théâtre colombien d’avant les années 90 qui était très militant, puisque l’urgence de la situation laissait peu de place à un questionnement sur le quotidien, la nouvelle génération a aujourd’hui une possibilité de parler d’autre chose.

Elle aborde la violence, l’insécurité et l’histoire traumatisante du pays mais avec la spécificité de s’intéresser à des thématiques plus domestiques, dont le genre. Paradoxalement elle est plus politique que ses prédécesseurs.

Les auteurs actuels sont donc plus progressistes ?

G. S. : C’est l’enjeu de ma recherche. J’analyse uniquement des oeuvres progressistes, dans le sens où on a l’impression, à première vue, qu’elles essayent de remettre en cause la masculinité hégémonique.

Et mon propos est de montrer à quel point c’est difficile de la remettre en cause et qu’en général la plupart des oeuvres sont encore traversées par une vision très essentialiste des choses. Je montre à quel point c’est difficile de sortir du « boys will be boys », même quand on donne l’impression de vouloir le faire.

Quels moyens utilisent-ils pour sortir de ces stéréotypes ?

G. S. : Ils essayent de montrer des masculinités vulnérables, qui tendent vers une féminité sans être ridiculisées, qui seraient non-violentes, qui auraient leur part de fragilité, la possibilité d’exprimer leurs émotions.

Ils tentent de montrer ce type de masculinité en faisant en sorte que ce soit possible, pas marginalisé.

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