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La beauté de la noirceur

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Du au Les Abattoirs

Les Abattoirs présente un ensemble de photographies et un film de l’artiste protéiforme Gisèle Vienne, ainsi que l’intervention architecturale Miroir noir du plasticien Renaud Jerez.

Gisèle Vienne et ses personnages ambigus

À la fois chorégraphe, plasticienne, photographe et metteuse en scène, Gisèle Vienne fabrique aussi des marionnettes qu’elle anime pour ses spectacles. Les 40 portraits exposés sont issus de cinq modèles de taille humaine, et représentent des adolescentes un peu trop fardées, habillées par l’artiste. Des lolitas de 12-13 ans aux regards baissés, ou masculinisées dans des sweats à capuche.

Ces belles photos de teenagers mutiques au réalisme inquiétant cristallisent une ambiguïté flottant entre innocence et érotisme, séduction et morbidité. Un imaginaire transgressif faisant référence aux jeunes modèles photo de Lewis Carroll, à la Lolita de Nabokov, croisé avec celui de l’écrivain queercore Denis Cooper, avec Gisèle Vienne collabore régulièrement.

On retrouve dans le film Brando cette atmosphère oppressante faite de désir et de mort, soutenue par le spleen émanant du teenager Leon Rubbens, qui rappelle le personnage de John McFarland dans Elephant (Gus van Sant, 2003), ou l’une des belles gueules de skateurs traînant dans les films de Larry Clark. La bande-son, aux accents incantatoires, composée par Noel Engel, épouse la transe sensuelle de la danseuse Anja Röttgerkamp, et rajoute au trouble irriguant à cette villa isolée dans les montagnes, propice à un « Sturm und drang contemporain ».

L’architecture étrange de Renaud Jerez

Face à ces poupées fardées de notre inconscient se déploie dans l’aile droite de la nef l’installation du plasticien Renaud Jerez. Cette production architecturale in situ, transformant murs, sols, plafonds et luminaires, reconstruit la déambulation à travers les pièces d’une maison-objet veillée par ses « robots-momies », fabriqués à base de tubes PVC, de câbles informatiques recouverts de bandages, et habillés de matériaux de récupération.

L’étrangeté kitch de ces espaces cul-de-sac offrant des cubes-vitrines posés sur de la moquette synthétique s’épuise un peu dans son concept, résumant une hybridation de formes expurgée de toute émotion.

EN SAVOIR + sur Gisèle Vienne

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