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Culture queer ?

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Qu’est-ce que le queer ? D’où vient ce terme ? En quoi met-il en mouvement les identités et les sexualités, autorise-t-il des chemins de traverse hors du système hétéronormatif ? Il nous faudrait bien plus que ces quelques pages pour y répondre… Alors Flash a rencontré des artistes queer et leur a proposé un quizz tout simple, tout bête, dans lequel se mêlent références pointues du milieu alternatif et références populaires que tout le monde connaît. C’est parti pour une immersion dans le monde merveilleux du queer !

Qui es-tu ?

My Name is Sacha : Sarah Violaine, artiste musicale sous le pseudo My Name is Sacha et attachée de production au cabaret le Kalinka.

JiF : JiF membre du groupe Vortexvortex (électro, hip-hop) et artiste visuel.

Marie Savage Slit : Marie Savage Slit, créatrice de Berlingot/Concentré érotique fluide, un art-book annuel bilingue qui explore la fluidité du genre et des sexualités, autour duquel gravitent des workshops et événements.

Belladonna : Belladonna, une sorcière plasticienne (vidéo, performance), également médium et passionnée par les discothèques de campagnes !

C’est quoi le queer ?

M.N.i.S. : Le point de fusion de toutes personnes et expressions ne répondant pas à des normes, des cases. L’expression d’identités libres de s’inventer en tous sens : esthétiques, sexuelles, etc.

M.S.S. : Un ensemble qui s’intéresse aux effets politiques du genre et à son rôle dans la fabrique de l’ordre social. Le queer déplace les modes de pensée, se réapproprie les codes et considère les identités et les corps sous forme de spectre plutôt que dans une binarité cloisonnée.

JiF : Une ouverture d’esprit et un refus des normes imposées par notre société patriarcale et capitaliste.

B : Queer est un terme difficile à comprendre. Il a aujourd’hui perdu de son essence de par sa récupération politique et par l’organisation de nouvelles soirées tendances. Tout le monde peut-être queer… Et je ne suis pas d’accord. Queer, c’est d’abord un regroupement d’individuEs aux genres et sexualités non-conventionnelles.

Te définis-tu comme queer ?

JiF : Cette étiquette est celle qui convient le mieux à ma façon de penser, d’appréhender la vie et les relations sociales. En tant que photographe, cela fait longtemps que je travaille sur le corps, le genre et la sexualité de façon non-normative, en collaboration avec de nombreux artistes et performers. L’identité ou l’orientation sexuelle est quelque chose de très émotionnel et de non figé.

M.N.i.S. : On a naturellement défini mon travail comme queer. Dans mes vidéos, je porte à l’image des identités diverses, des figures esthétiques du milieu queer, des personnages s’appropriant leur corps et leur image. Mes sons parlent d’amour universel, de trans, de femmes, de conditions, tout cela sans véritable cadre –ni dans la musique, ni dans les textes.

M.S.S. : Je ne me positionne ni en tant que femme, ni en hétéro, mais dans quelque chose de beaucoup plus genderfuck et pansexuel. Mon projet consiste à donner de la visibilité au « queer gaze » et à brouiller les pistes pour éviter la tendance du cerveau à vouloir étiqueter et cloisonner les corps et leurs représentations.

B. : J’aime me définir comme « sorcière pédé ». Queer inévitablement parce que dans mon travail plastique, j’aime montrer des corps et des sexualités non-normatives. Mais me définir, « pédé » a plus d’impact pour moi, en France.

Belladona

Le queer c’est politique ?

B. : Évidemment, aujourd’hui encore et pour toujours queer est dans l’oppression.

JiF : Éminemment. Notre société est très violemment normative, basée sur un dictat patriarcal et matérialiste, enrobée d’une pseudo morale religieuse soit disant bien pensante qui n’a de cesse de violenter tout ce qui ne se fond pas dans le moule.

M.S.S. : Le corps est politique de toute façon.

Ta référence ultime queer ?

JiF : Le queer a toujours existé à travers des gens sensibles et ouverts, courageux et aventuriers. Cela pourrait être Boris Vian, Simone de Beauvoir, John Irvin ou Freddie Mercury.

M.N.i.S. : Grace Jones sans qu’elle ne se revendique comme telle mais l’alchimie entre sa création et son personnage font d’elle une de mes références.

B. : La drag queen Divine et l’artiste Pasolini m’ont amené à comprendre ce que queer pouvait bien vouloir dire.

M.S.S. : L’écrivaine, plasticienne et photographe Claude Cahun, le performer Steven Cohen, et tellement d’autres… Je ne peux pas en choisir un·e, c’est pour cela que je produis un livre avec plus de 40 artistes !

Un objet queer ?

M.S.S. : Une céramique de Pansy Ass Ceramics, deux artistes de Toronto.

M.N.i.S. : Des talons à paillettes.

B. : Un gode-ceinture !

Une danse queer ?

M.N.i.S. : Le voguing.

B. : Oui, mais je préfère la danse du samedi soir vers 5h00 du matin quand Aya Nakamura est diffusée.

JiF : Toutes les danses peuvent être queer, tout dépend de l’intention que l’on y met !

Un film queer ?

JiF : Shortbus de John Cameron Mitchell, un petit délice !

M.N.i.S. : Paris is burning de Jennie Livingston.

Une chanson queer ? Un clip ?

B. : Kiddy Smile avec Let A B!tch Know.

JiF : Son clip donne un sacré coup d’air frais aux codes du hip hop et de la banlieue ! Sinon, Peaches en général. Son clip Rub –à voir en version non censurée– est un must !

Peaches – Rub (Uncensored) from Peaches on Vimeo.

M.N.i.S. : Christine and the Queens avec Narcissus is back et le clip It’s okay to cry de Sophie.

M.S.S. : Cakes Da Killa avec Goodie goodies.

Un artiste visuel queer ?

JiF : Les photographes américains Joel-Peter Witkin ou Robert Mapplethorpe ont explosé les frontières de la “normalité”.

M. N. i. S. : Tianzhuo Chen

M.S.S. : Tous ceux qui sont dans Berlingot 1 et 2 ! Deux de mes coups de cœur : Daniel Marin Médina et Élodie Petit.

Ton actu ?

M.S.S. : Soirée Berlingot le 31 janvier au cinéma American Cosmograph avec la projection du film Planète Kinbaku suivie d’une performance et discussion et le 15 février au sein de l’Extrême Cinéma Festival à la Cinémathèque ; la reprise des workshops à Toulouse (Drag King) et Paris (Erotic food avec Les Chahuteuses). Pour le numéro 3 de Berlingot, c’est en cours de réflexion…

JiF : Vortexvortex en live et des nouveaux clips. Mais aussi des photos, expos, reportages et de l’aventure !

B. : Je performe pour le festival d’Angoulême et prépare plusieurs soirées en collaboration avec des personnes et artistes queer sur Toulouse. J’ai en projet une prochaine vidéo qui sera diffusée avant l’été 2019.

M.N.i.S. : J’espère plein de lives, des tournages de clip et la sortie du nouvel EP !

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