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Théâtres Sorano

Bien ancré sur les allées Jules Guesde joliment rénovées, le Théâtre Sorano a ces dernières années traversé nombre de changements de cap, qui auraient pu lui voler son âme. La reprise toute neuve de la direction du lieu par Sébastien Bournac metteur en scène de la Compagnie Tabula Rasa, ré-ouvre des perspectives plus sereines pour ce lieu emblématique qui a fêté ses cinquante ans, mais ne compte pas pour autant s’endormir dans la naphtaline.

Bêtes de scène

Le Sorano, fondé par Maurice Sarrazin, a dans les veines tout un pan d’histoire du théâtre né de la décentralisation. Un héritage revendiqué qui a toujours fait la part belle aux comédiens, en collectif ou en solo. Indissociables des mots qu’ils portent, ceux des auteurs ou bien les leurs. Parmi eux, l’emblématique Philippe Caubère revient fouler les planches du Sorano où il s’est plusieurs fois produit. Un retour sur trente ans de vie dans ses meilleurs chapitres La danse du diable et Le bac 68, à vivre entre fans vieillissants et jeunes qui découvrent. Bête de scène aussi, Régis Goudot retrouve également un plateau qui l’a vu grandir : Dialogue d’un chien avec son maître le met aux prises avec deux comparses dont un musicien. On retrouve ensuite Goudot à la mise en scène avec sa complice de toujours Céline Cohen : à eux deux ils revisitent le marquis de Sade sans tabou. Sans laisse et en totale liberté, c’est avec grand plaisir que l’on s’embarque à nouveau avec la performeuse Catherine Froment, la Spectatrice de la vitesse vue en 2012. Elle refait le monde avec Alejandro Moreu Garriga et Séverine Astel dans le Retireur des eaux. Ça promet.

Animaux politiques

En ouverture de saison, le 15 septembre, le collectif Les LabOrateurs réunit des artistes frais sortis du Conservatoire : dix comédiens qui nous emmènent déambuler sur l’ancien site d’où a soufflé l’explosion d’AZF. Questionner le sens de nos vies à l’aune de la catastrophe, sans rejouer le drame, mais en cheminant en compagnie de textes qui nous éclairent tels de petites bougies dans la nuit. En troupe également les comédiens du Groupe Merci rejouent Trust de Falk Richter, interrogation politique sur nos sociétés malades de leur consumérisme. Même volonté dans le théâtre de Jean-Louis Hourdin, qui mène depuis longtemps un travail de critique sociale à travers des textes caustiques très choisis (Vous reprendrez bien un peu de liberté…). Que faire ? (Le retour) est également un duo de comédiens loufoques qui surfent eux-aussi à l’énergie sur des textes où l’on croise la politique et le quotidien. Caustique tout autant, forcément vu la fougue passionnée de ses interprètes, Candide si c’est ça le meilleur des mondes est une variation géniale de Maëlle Poésy sur le texte de Voltaire. Une version tout en énergie et en musique que l’on devrait montrer à tous les lycéens pour les faire renouer avec les classiques. Enfin, quel autre figure qu’Antigone pour cracher son venin à la face de nos conformismes ? Grégory Bourut et le Blutack Théâtre nous invitent à la désobéissance.

www.sorano-julesjulien.toulouse.fr

Théâtre Sorano

35, allées Jules Guesde
31000 Toulouse